Pas à pas : Sarah Gigante raconte sa convalescence
Pas à pas : Sarah Gigante raconte sa convalescence
Le temps, la patience et la persévérance ont marqué les derniers mois de Sarah Gigante. Après sa blessure, la grimpeuse australienne s'est pleinement consacrée à sa rééducation, avançant pas à pas avec prudence et en gardant à l'esprit ses objectifs à long terme. Dans cette interview, Sarah nous raconte comment se déroule sa guérison, ce que cette période lui a appris et comment elle se prépare pour la suite de sa saison.
Bonjour Sarah, comment vas-tu ?
Je vais bien, merci. Je me sens bien physiquement et mentalement, et c'est vraiment agréable de pouvoir à nouveau faire du vélo à l'extérieur depuis déjà quelques semaines, après des mois de rééducation en salle. Je suis optimiste quant à mes progrès et enthousiaste à l'idée de ce qui m'attend, notamment le début de ma saison 2026 en mars.
Que ressens-tu après avoir repris un entraînement régulier suite à plusieurs mois de rééducation ?
C'est agréable d'être à l'extérieur, bien sûr, mais j'ai l'impression d'avoir déjà travaillé dur pendant ces derniers mois de rééducation. Je dirais même que c'était plus intense et plus régulier que mon entraînement habituel, car d'une part, on ne se relâche pas mentalement ou physiquement quand on roule uniquement en salle, et d'autre part, je faisais deux heures de gym et de kinésithérapie cinq à six jours par semaine en plus du vélo. Normalement, je ne fais de la musculation que deux ou trois fois par semaine.
Avec le recul, quelle a été la partie la plus difficile de ton rétablissement, tant sur le plan physique que mental ?
L'incertitude et les changements constants de plans ont sans aucun doute été les plus difficiles à gérer. J'ai passé des mois à m'entraîner très dur sur Zwift en vue des courses de début de saison, mais au fur et à mesure de mon rétablissement, il est devenu évident que l'équipe pensait qu'il était plus judicieux de laisser plus de temps à mon corps avant de reprendre la compétition. Savoir que je n'allais pas courir alors que j'étais motivée a été difficile mentalement, mais c'est finalement une décision qui me donne le temps nécessaire pour être prête à revenir à la compétition vers le mois de mars.
De quoi est-tu la plus fière dans la façon dont tu as géré ce processus de rééducation ?
Je suis très fière de ma constance. Il était parfois difficile de continuer à me lancer dans des séances interminables sur mon vélo Zwift ou d'être toujours aussi assidue dans mes exercices de physiothérapie, mais j'ai persévéré même les jours où je n'en avais pas envie et j'ai essayé d'apprécier le processus.
À ce stade, qu'est-ce qui te donne le plus confiance dans le fait que tu vas dans la bonne direction ?
Devenir plus forte sur le vélo et en dehors est très gratifiant et me rassure sur le fait que je progresse exactement comme prévu.
> Le bloc de courses australien.
Les Championnats nationaux australiens approchent. Qui est votre grande favorite dans le contre-la-montre et la course en ligne ?
Je soutiens surtout Anya et Alex, bien sûr ! En termes de coureuses difficiles à battre, je dirais Brodie Chapman dans le contre-la-montre et Ruby Roseman-Gannon dans la course en ligne.
À quel point était-il important pour toi d'écouter ton corps et d'adopter une vision à long terme, même si cela signifiait retarder ton retour à la compétition ?
Ce n'est jamais facile, d'autant plus que le bloc australien est ma partie préférée de la saison. J'aurais adoré participer aux championnats nationaux, au Tour Down Under et à la Cadel's, mais quand on revient d'une blessure, il faut respecter le processus. Avec l'équipe et le staff médical, nous avons décidé qu'il valait mieux retarder mon retour à la compétition et me concentrer sur ma préparation pour les objectifs plus importants de la fin de l'année. Au début, j'étais déçue, mais je suis convaincue que cette patience portera ses fruits et me permettra de revenir plus forte.
> Retour sur la saison 2025
En repensant à ton impressionnante saison dernière, quel a été ton moment préféré ?
Mon moment préféré a en fait été un effort maximal à l'entraînement en mars. J'ai tenté de battre le record QOM sur Strava et j'ai réussi à battre mon record personnel dans cette ascension de plus d'une minute. C'était la première fois que je me sentais super forte et que je me sentais à nouveau moi-même après mon opération de l'artère iliaque, et c'est ce jour-là que j'ai su que l'opération avait fonctionné et que je serais capable de faire un grand retour en 2025.
Quelle leçon tires-tu de la saison passée ?
La saison dernière m'a confirmé que, même si les moments difficiles dans le cyclisme peuvent être très durs, avec un bon soutien, il est tout à fait possible de surmonter les moments difficiles et de profiter de moments bien plus agréables qui font que les sacrifices en valent la peine.
Tu as fait un excellent Giro avec deux victoires, le maillot QOM et la troisième place au classement général. Était-ce le rêve de la petite Sarah Gigante ?
Non, pas du tout. Je n'ai pas grandi en regardant le cyclisme féminin à la télévision, sauf pendant les Jeux olympiques, donc je ne savais même pas que ce monde incroyable existait. Je suis très heureuse que la diffusion de notre sport se soit tellement améliorée, de sorte que maintenant, les jeunes enfants du monde entier peuvent en effet se connecter et rêver de courir eux-mêmes au niveau international, ou même simplement être inspirés à faire un tour dans le parc.
Quel est ton rêve pour l'avenir ?
J'ai adoré me battre pour le podium du classement général du Giro l'année dernière, donc je veux continuer à poursuivre cet objectif dans les trois grands tours.
> Regard vers l'avenir
Qu'est-ce qui te manque le plus dans la compétition ?
Ce qui me manque, c'est de travailler avec mes coéquipières vers un objectif commun et la satisfaction de voir aboutir des mois et des années de travail. L'entraînement est agréable, mais il ne remplace pas tout à fait ce sentiment.
Qu'attends-tu avec le plus d'impatience dans ton retour à la compétition dans les mois à venir ?
Justement cela : travailler avec mes coéquipières vers des objectifs ambitieux et retrouver le plaisir de porter à nouveau un dossard lorsque le moment sera venu.
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